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une histoire...une experience
( c'est une rebrique de vous meme pour vous meme ; si vous avez une histoire de votre vie ou une experience par la quelle vous etes passe ; ca sera la bienvenue pour votre rubrique )
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Bilal: «Le message de Bouteflika, c’est: «restez discrets» Bilal a 28 ans. Orphelin, il est place, e l’age de 2 mois, aupres d’une famille algeroise qui le bat, l’humilie, et l’utilise comme bonne a tout faire. A l’age de 10 ans, il se rend compte qu’il est homosexuel. «C’est moins difficile, plus naturel quand on le decouvre jeune. En plus, ma «famille» – qui n’etait pas la mienne – n’avait pas pris la peine de me donner une education religieuse. Je n’avais donc aucune autorite «legitime» pour me l’interdire, ni sur le plan familial, ni sur le plan religieux. J’ai donc commence assez tot.»
De retour a l’orphelinat apres la mort de sa mere adoptive, Bilal, a 14 ans, peut se concentrer sur l’ecole ou il est regulierement premier de classe. Trois ans plus tard, adopte par une deuxieme famille à Oran, Bilal va commencer, avec son cousin d’adoption une relation qui durera plus de 8 ans, malgre les soupçons du pere. Mais lorsque Bilal entreprend une carriere militaire, ce «pere» va denoncer son homosexualite aux autorites et Bilal sera radie de l’armee. Qu’a cela ne tienne: apres avoir suivi avec succes des etudes e l’ENA (Ecole Nationale d’Administration) d’Alger, Bilal trouve un poste a responsabilites dans l’administration algerienne et prend ses distances.
C’est en 1998 que s’opere le declic pour Bilal: «Cette annee-la, une grande manifestation d’homosexuels, neutralisee par la police a Alger, n’avait beneficie d’aucune couverture mediatique, ni locale, ni nationale. Peu de temps apres, le president Boutefika avait declare qu’il n’y aurait jamais de reconnaissance «de ce type-la». En gros, il nous disait: «restez discrets!» Et la je me suis revolte. Apres tout, on est homo par nature: on apprend une nouvelle langue, on change de religion, mais pas d’orientation sexuelle!»
Bilal prend une annee sabbatique et part pour la Suisse: «Pour defendre la cause de l’homosexualite, c’etait le lieu ideal: un pays neutre a tradition humanitaire, ou siege notamment l’ONU. Avec un visa touristique français, je suis arrive a Sion via Besançon et Bale. L’association locale, Alpagai, m’a donne le telephone de Pink Cross, qui m’a aide a deposer une demande d’asile en novembre 1999. J’en ai aussi profite pour commencer, a l’Uni de Geneve, un DEF en Droit humanitaire sur les liens entre «droit et homosexualite».
Au bout de 10 mois, Bilal decide de rentrer: «Mon pere adoptif, qui avait quitte Oran, ne pouvait plus me nuire. Et j’avais encore mon travail. A Geneve, je voulais creer une association; Finalement j’ai decide de le faire a Oran. Apres avoir depose une demande pour une association sida qui s’occuperait aussi de «problemes de sexualite», j’ai finalement ete reçu par le chef de cabinet de la prefecture qui m’a dit: «Je sais ce que vous voulez faire, mais c’est impossible ici, pour le moment». A nouveau le laïus de Boutefika. Avec, en toile de fond, l’interdit de l’Islam. Mais j’espere bien pouvoir fonder cette association, quitte a me faire aider de mes amis de Geneve.».
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